Jardins philosophiques de Lombardie,
place de l’Eglise à Hondainville dans le département de l’Oise, près de Mouy, à mi-chemin de Chantilly ou de Creil et de Beauvais, d'une part, de Noailles et de Clermont-de-l’Oise d'autre part.
Adresse électronique : lejardinier@lombardie.frAdresse postale: Lombardie, 51 place de l'Eglise, 60250 Hondainville
Téléphone : 03 44 26 97 44
Les Jardins philosophiques de Lombardie sont des jardins privés qui peuvent être exceptionnellement ouverts au public. Du fait tout à la fois de leur caractère narratif et des dangers de l'eau, ces jardins ne sauraient être visités en dehors du cadre de ces rares visites guidées. Les visites commencent à l'heure annoncée. Nul n'est admis plus de dix minutes après le début de la visite pour des motifs de sécurité.
Il est impossible en principe d'admettre plus de quarante personnes à la fois dans les jardins.
La visite dure un peu plus de cent minutes.
Les photos ne sont autorisées que sur demande ; elles sont interdites de façon absolue aux abords de la maison.
Les animaux des visiteurs ne sont pas admis.
La visite et les saisons :Le repli de l'hiver a ses charmes, très vifs - remarquables par temps de neige. L'exubérance un peu inquiétante du printemps aussi - mais le public le plus exigeant en matière de topiaire doit éviter la période qui court du 15 mai au 15 juin car alors (telle est la force du printemps) nous peinons à contenir les charmilles que nous taillons peu à peu à la cisaille. La deuxième décade de mai est toutefois favorable pour la visite des jardins d'ombre, mais ceux-ci, plaisants, ne sauraient aucunement rivaliser avec les plus excellentes réalisations du genre. Le jardin atteint un sommet assuré au mois d'octobre, du fait des couleurs d'automne, en vue desquelles il a été pour partie aménagé. Bien qu'aucune année (pour des causes qui semblent tenir au style de l'été, au temps du premier automne, bien entendu à la pluie, au vent et aux gelées d'octobre) ne ressemble tout à fait à aucune autre - non seulement par le mouvement d'ensemble, mais par les temps respectifs de l'endormissement temporaire des essences caduques -, il est possible de considérer que le meilleur moment est généralement compris entre le 13 et le 29 du mois d'octobre. Pour n'être pas trop imprécis :
- les tulipiers revêtent leurs couleurs les plus profondes - une sorte d'or en fusion, inégal selon les années - entre le 10 et le 20 octobre ;
- les liquidambars, dont quelques feuilles rougeoient pourtant dès la fin d'août, sont étrangement plus tardifs, et ne font impression, comme un ensemble (il y en a des dizaines et des dizaines à Lombardie) qu'après le 25 octobre - vers le 10 novembre, ils déclinent, mais certains garderont des feuilles jusqu'au 10 décembre, s'il ne fait pas trop froid, si le vent n'est pas trop violent ;
- les bouleaux, brièvement, mais suffisamment pour contribuer au bon équilibre des rouges et des jaunes, répandent leur or léger autour du 1er novembre - ils sont très émouvants, peut-être parce qu'ils font immémorialement partie du paysage nord-européen dont ils expriment mieux la douceur propre que les arbres qui précèdent, venus d'Amérique (la découverte de l'Amérique, les voyages en extrême-orient ont changé les couleurs d'automne des jardins anglais dès le XVIIe siècle, celles des jardins français, doucement, à partir du milieu du XVIIIe, ainsi que l'a talentueusement montré Sicarus McSlair dans un livre fameux : The Tradescants, Plant Hunters between Several Worlds) ;
- les couleurs du gingko ou des cyprès chauves culminent autour du 30 octobre;
- les érables n'existent pas comme groupe homogène s'il s'agit de l'automne : couleurs souvent précaires mais généralement exquises (celles des rubrum en particulier) étalées selon les sortes de la fin du mois d'août au début du mois de novembre ; nos plus beaux érables du Japon (Osakazuki en particulier) passent par toutes sortes de teintes incroyables vers la fin d'octobre ; mais le très européen érable champêtre ne donne ses ors moyens qu'au début de novembre, à peu près en même temps que les ormes du Japon ou les peupliers italiens ; il y a alors des semaines que le "véritable" érable à sucre, par exemple, a perdu ses feuilles fragiles
Les jardins de Lombardie, en particulier du fait de l'envahissante présence de l'eau, ne sont pas sans dangers. Une assurance a été souscrite par les jardiniers en vue des visites. Mais leur propos est bien entendu qu'aucun accident ne survienne. Ils se réservent de prier les visiteurs dont le comportement ne conviendrait pas de quitter la visite en les remboursant. Les enfants doivent être tenus par la main ou portés dans les bras. Les seuls ponts sur lesquels s'engage le jardinier peuvent être empruntés par les visiteurs, le cas échéant au rythme indiqué. Ceux qui souhaiteront parcourir le labyrinthe de nature du marais devront être convenablement chaussés et savoir y renoncer dans les périodes où le bélier est irritable.L'essentiel du jardin est accessible avec un fauteuil roulant adapté, soit qu'il soit motorisé, soit que l'on bénéficie, pour une faible pente couverte de graviers, d'une assistance suffisante. Il est préférable, en cas de doute, d'appeler préalablement le jardinier.
La visite n'est pas recommandée aux personnes dont la mobilité est douloureuse : elle impose en effet que l'on marche environ un kilomètre et demi et que l'on demeure debout près de deux heures.
La visite comprend une présentation historique de l'hôtel presbytéral, construit en 1770, et de ses communs, bâtis entre la même époque et 1847 (l'ensemble, vendu comme bien national en l'an VI, a été réuni, après une très longue séparation, en octobre 2010); une brève histoire des autres jardins d'Hondainville depuis la fin du XVIIe siècle (avec présentation de documents); un parcours narratif tendant à faire comprendre les sens philosophique (leibnizien) et théologique (chrétien) des jardins civilisés, ainsi que la manière dont ils s'inscrivent dans la perspective humaniste du jardin comme locus amœnus ; une présentation, en fonction du temps et de l'époque, des fleurs du jardin sauvage du marais; des développements techniques sur divers végétaux, sur la taille à gabarit, sur la variété des arbres et le choix de privilégier les couleurs d'automne, ainsi que sur les premières fabriques; la présentation des grands projets; des réflexions sur l'art du jardin, en particulier les volumes, les proportions, les verticales, les ombres, les couleurs, les effets de perspective, de profondeur, de gradation et de sas, la question de la conduite de la vue et du calage du regard, les effets d'attente, de surprise et d'illusion.